Du 15 au 20 Juillet
Juste pour voir si tu es belle…
Nous avions quelques jours d’ avance sur notre programme de Kirgisie. Nous arrivons quelques jours plus tot chez Nitin et Anuja qui nous accueillent chez eux comme deux pachas…
Mais Thib ne peut pas tenir en place plus de deux jours dans une ville. Il a programmé un petit périple vers la côte de la Mer Noire. Matt lui doit attendre patiemment sa petite Anouche qui malheureusement prend du retard, un tendon de la main sectionné la veille du départ…
Ces aventures, bien qu’ elles se soient malheureusement déroulées sans Matt, vous donnerons peut être des idées juste avant que vous ne preniez la route des vacances…Mais nous émettons des doutes, car ce n’ est pas forcément un exemple à suivre….
” Ce mardi 14 juillet, en fin d’ après midi, je suis paisiblement installé sur les petits sièges d’ un “café” du parc Gulhane dans le quartier Sultanahmet d’ Istanbul. De ma place privilegiée j’ ai une belle vue d’ ensemble sur la mer de Marmara. A droite vers le Nord le Bosphorus et la mer Noire, à gauche les Dardanelles et la Méditerranée. Le ciel est parfaitement degagé et je savoure doucement mon thé local. Deux petites theières, une pour le thé concentré l’ autre pour l’ eau chaude. Mes yeux sont fixés sur la vue, et dans ma tête ça bouillonne, ça fusionne…Quelle chance d’ avoir le choix. Le choix de partir dans toutes les directions et avec tous les moyens de transport: train, bateau, vélo, bus… Je tente de synthétiser toutes les informations que j’ ai pu avoir sur la Turquie afin de prendre ma decision.
Je décide finalement de parcourir seul la côte de la mer Noire pendant une semaine. Je réserve la côte Méditerranéenne entre Bandirma et Izmir pour la venue de Mam et Max le 23 Juillet. Le choix est difficile mais je pense que la mer Noire est plus dure physiquement et moins intéressante historiquement et culturellement.
C’ est intriguant, serais je devenu un cyclo “extrémiste”? Car la seule raison qui me motive aujourd’ hui à faire cette route c’ est uniquement de voir si elle est belle…Mais c’ est décidé, demain je prends le bateau entre le port de Besiktas et celui de Anadalou Kavagi sur la côte Asiatique. De là, je débuterai ma découverte! Mes theières sont vides, mes choix sont faits. Je peux maintenant rejoindre Nitin et Anouja pour diner.
Me voilà parti. Je remonte la mer de Marmara presque jusqu’ au Bosphorus. Etonnament, ce Bosphore est très bien prèservé sans aucune habitation ou presque.
Je n’ enfourche mon velo qu’ à 16H00, les intempéries ayant retardé le bateau. Apres 65 kilomêtres, je stoppe dans un petit camping. Je sympathise rapidement avec quelques ”ados” qui me font un cours de turc: pain, eau, boujour, merci…tous les basiques.
Mais je suis surpris par la difficulté de la route. En plus de la forte chaleur vient s’ ajouter les multiples côtes à plus de 10%. Mon objectif final est Sinop à 700kms d’ ici, mais je sais déjà que cela ne sera pas possible en si peu de temps. Je me contenterai de Inebolu à 550kms. Je dois l’ atteindre dans quatre jours.
Pour étre honnête, à partir de ce moment là j’ ai complètement “débranché”! J’ ai intégralement consacré mes quatre jours au vélo. Un total de 29 heures d’ effort. Entre 7 à 8 heures de sport par jour pendant lesquelles je transpire tellement que mes mains finissent par devenir blanches comme à la sortie d’ un long bain! Les huit litres d’ eau par jour ne sont pas suffisants pour ma rehydratation, mais l’ eau pure je ne peux plus en boire à force. Le pire c’ est sans doute les répétitions à n’ en plus finir des petites côtes bien cassantes de 100 à 150 mêtres de denivelé. Ca monte pour redescendre immédiatement et remonter tout de suite!
Après le village de Marmara, la route devient encore plus difficile. Mais l’ avantage c’ est que je suis continuellement en hauteur. J’ admire la vue à chaque instant et chaque virage , chaque petit col , c’ est un nouveau paysage qui s’ offre à moi.
Même avec plus de 17 000 kilomêtres dans les jambes le vélo arrive encore à me faire souffrir. Pourtant il n’ y a pas de haute altitude, pas de vent de face, pas de mauvaise piste, pas de col interminable… mais les jambes ne veulent plus tourner sur les dernières heures. Enfin, j atteins Inebolu mais à quel prix. J ai un état de fatigue important et la vision de la moindre petite côte me donne la nausée … Certains diront que ce n’ est pas l’ esprit cyclo. Que ce trip est trop “bourin”. Mais c’ etait mon envie du moment. J’ avais besoin d’ un effort intense de plusieurs jours pour déconnecter complètement pour mieux attaquer la suite…
Pour une première immersion, la Turquie m’ a agréablement surpris. Les petits villages ont tous leur propre mosquée ou au moins leur minaret. Quand il n y a pas de minaret c’ est aux poteaux électriques que les haut parleurs sont accrochés. Autant vous dire que l’ appel à la prière n’ est pas prêt de disparaitre et c’ est tant mieux. Dans les petits villages il reste encore quelques maisons de type Ottoman tout en bois et au toit de lauze, mais bien souvent elles sont à l’ abandon. Il y a quelques villages qui nous rappellent que la Turquie contrairement aux apparences n’ est pas un pays riche. Les gens vivent dans des maisons complètement délabrées et les routes sont boueuses.
Le premier contact avec les turcs est plutôt bon. Ils semblent respectueux et plutôt aidants. Il est même assez facile de rencontrer des gens qui parlent quelques mots d’ anglais. Le meilleur étant les restaurants, un service irréprochable, des plats diversifiés et toujours bon, une propreté irreprochable. Un petit coup de coeur pour leur Kefta mais attention aux poivrons vert ultra pimentés. Surtout quand on les avale de travers!
Avant de reprendre le bus pour Istanbul, je passe au rythme local: plage, Kebab, the, plage, Kebab, the…Un repos bien mérité et nécessaire… Je profite de ce moment pour étudier le Lonely Planet pour me faire une idée des régions que nous allons parcourir en Turquie. C ‘est incroyable comme ce pays est plein de richesses naturelles et culturelles. Encore de très beaux kilometres à venir et contrairement à ce que tout le monde pense les aventures CA RoOULE sont loin d’ être terminees!”