» Kirgizie II

30/06/09 - 30kms avant Barskoon - Lac Isik Kol

Apres Thib, c’ est au tour de Matt d’ être malade. Nous décidons de rouler un peu malgré tout. Nous souhaitons atteindre le lac pour y camper tranquillement ce soir.

Nous avons opté pour la route sud du lac, bien moins touristique et avec bien moins de trafic.

Apres 55 kilomètres roulés à un rythme très tranquille, nous atteignons les bords du lac Isik-Kol. C est le deuxième plus grand lac d ‘altitude du monde après le lac Titicaca que nous avons longé il y a neuf mois…

Situé à 1600 mètres d’ altitude ce  lac salé est certes plus petit que son rival du Pérou mais il n’ en est pas moins beau. A cette période de l’ année, il est presque integralement entouré de montagnes enneigées. Ca fait froid dans le dos de voir ces glaciers si proches de nous quand nous nous baignons.

Nous avons de la chance, nous tombons sur une belle plage de sable fin. C est ici que nous passons la nuit.

01/07/09 - Kaji Say - Le plus grand cyclo

Ce matin, nous prenons notre petit dejeuner avec trois jeunes locaux juste devant notre tente. Nous offrons l’ eau chaude, le café et le cacao, ils ont amené le pain. C’ est un petit déjeuner improvisé bien agréable au bord du lac.

Nous continuons notre visite de la partie sud du lac. A midi, un cyclo de 53 ans s arrête dans le petit restaurant où nous mangeons.

Cet allemand est un vieux baroudeur. Il roule à travers le monde entier depuis 20 ans… 110 000 kms au compteur… Bravo! C’ est le genre de voyageur intéressant qui vous donne encore plus envie de voyager et de rouler. Chose amusante, il a presque emprunté la même route que nous en Chine. Bien entendu, il a rencontré les mêmes problemes policiers que nous…

Cet après midi, nous roulons avec lui tranquillement. Il nous fait rêver avec les récits de ses aventures cyclo en Afrique.

Ce soir, il va dormir à l’ hôtel. Nous dormons le long du lac pour pouvoir bien mieux profiter du coucher du soleil. Mais nous avons programmé de nous retrouver demain matin pour poursuivre notre route ensemble. TOP!

Le coucher du soleil nous laisse rêveurs et songeurs après une telle rencontre.

02/07/09 - Kochkor - Trop touristique

Journée de vélo très courte aujourd’ hui. Nous rejoignons la ville touristique de Kochkor. En chemin, nous rencontrons des cyclos japonais. Le plus agés a 73 ans… et tient bien la forme! C’ est bon, nous avons encore plusieurs années de cyclo devant nous!

La ville de Kochkor est le spot idéal pour organiser les “excursions” à cheval pour le lac Song-Kul. Le devis est fait sous nos yeux…Plus de 100 euros par personne pour trois jours. Thib refuse directement et opte pour le moyen de transport qui a toujours fonctionné jusqu’ à maintenant. Matt hésite encore et a besoin de se motiver pour faire ce détour de 300 kilomètres à vélo.

04/07/09 - Lac Song kul - Un peu trop loin…

Matt a finalement egalement opté pour le meilleur: le vélo… Nous ne sommes pas des “moutons de panurge”, laissons cela aux touristes…

Nous saluons notre cyclo allemand et le laissons déprimer dans ces problemes de visas.

Il pleut, nous enchainons rapidement les 42 premiers kilomètres pour nous refugier  dans un restaurant. Nous dévorons nos “Goulage”, mélange de pâtes, de riz et de d ebly.

L’ après midi s’ avère plus sportif. Une très belle ascension jusqu’ à un col de 3450 mètres d’ altitude sur une piste pas très bonne.

Il est assez tard, le temps se gâte et vire à la tempête de neige. La piste monte maintenant très raide. Dur…

Apres 7 h00 d’ effort, nous passons le col dans la tempête, de l’ autre côté le soleil sur le lac. Bien qu’ il soit un peu tard, nous sommes contents d’ atteindre le lac sous le soleil. La chance se provoque comme nous nous le répètons souvent, mais Thib l’ a peut être un peu trop provoquée aujourd hui. Un peu trop de fatigue. Les CA RoOULE s’ échauffent un petit peu…Mais le calme revient avant  qu’ ils ne s endorment paisiblement emmitouflés dans leur duvet.

05/07/09 - Lac Song Kul yurt N3 - Du camping car a la Yurt

Grand bleu tout autour de nous. Nous sommes chanceux. Hier soir Thib a rencontré rapidement un français qui nous a invité à prendre le café ce matin.

Cette petite famille voyage en camping car. Ceux sont sans doute les seuls qui sont arrivés à passer ce col en camping car. Ils sont partis il y a trois mois de Suisse et envisagent trois mois supplémentaires. Nous partageons notre petit déjeuner avec eux et échangeons quelques mésaventures policières, militaires et autres passages de frontières delicats en Asie. Le camping car nous semble être une bonne alternative pour le voyage avec des enfants en bas age. Dans quelques années qui sait!

Nous entamons notre tour du lac. Encore un lac qui vaut franchement le détour. Nous sommes à 3000 mètres d’ altitude et la neige d’ hier a blanchi tous les sommets qui nous entourent. Il y a quelques yourtes bien dispersées. Nous sommes dans le parfait cliché de la Kirgizie sous un grand ciel bleu.

Après la bifurcation vers Narin, la piste semble de moins en moins empruntée. Puis cela devient juste des traces de roues sur l’ herbe grasse qui partent dans toutes les directions. Nous continuons donc à rouler sur l’ herbe en passant de yourtes en yourtes pour demander notre chemin ou plutôt la direction globale…

Nous en profitons pour troquer notre mauvaise sauce tomate contre une belle galette de pain.

Au détour d’ une yourte, nous sommes invités à boire du thé. Finalement, nous dinons entourés de deux familles de nomade. Les femmes sont au service et mangerons après… Incroyable, nous dégustons du poisson fraichement pêché du lac. Définitivement, les yourtes de kirgizie sont bien plus authentiques et plus belles que les chinoises. Alors que les chinois utilisent une structure métallique, eux sont toujours avec une superbe structure bois. L’ exterieur n’ est pas en plastique mais en peau de mouton. Après quelques poissons, des litres de thé, de belles portions de pain et quelques gorgées de lait de jument fermenté, nous enfourchons la mule pour une belle partie de rigolade…

La séance photo est mémorable, les femmes se recoiffent et la patronne change même de robe de chambre pour l’ occasion!

Encore une fois, nous sommes bien heureux d ‘être sortis des sentiers battus. Les touristes, épuisés après leurs trois heures de cheval de la journée, sont juste de l’ autre côté du lac à 70 kms d’ ici. Un camp leur est réservé tout particulièrement…Encore une rencontre et un échange avec les locaux que nous sommes pas prêts d’ oublier. Que c’ est bon !

La derniere traite des vaches et des juments se termine, les moutons sont parqués, le poël de la yourte est plein de bouse séchée, il est l heure: que tout le monde aille se coucher.

Juste pour que comme nous vous ayez le sourire toute la nuit, demain ils nous donnerons           l ‘adresse de leur yourte! ils veulent que nous leur envoyons les photos.

06/07/09 - Dong Alish - Quelle descente!

De bon matin, nous attaquons une belle montée avec des portions bien raides. Du haut du col nous avons un dernier superbe point de vue sur le lac Kong kol.

De l ‘autre coté, c’ est une vue plongeante sur une vaste vallée bien arrondie. Les premiers kilomètres de descente sont plutôt dangereux avec de belles épingles délicates. Puis la pente s’ adoucit, nous lâchons les freins…Quelques belles courbes, de beaux appuis et de belles trajectoires. Nous en oublions que nous avons nos sacoches et nous retrouvons de belles sensations de VTT. Les multiples passages de gués n’ y sont pas pour rien. Sans doute une des plus belle descente du voyage.

Nous voilà maintenant sortis de notre pari un peu audacieux. Nous retrouvons une piste avec plus de trafic et même quelques villages.

Mais dans cette vallée notre ressenti n’ est pas très bon. Quelques enfants nous jettent même des pierres. Les plus vieux eux sont à la Vodka. A les voir cela nous dégoutte de boire de l’ alcool. Nous roulons vite pour nous écarter un maximum de cet endroit.

De l’ autre côté du col, dans le petit village de Urumbulac, nous tombons par pur coincidence sur une femme qui parle tres bien l’ anglais. Nous sommes invités à boire le thé. Leur maison comme bien souvent dans ce pays est ultra simple: un meuble en guise de garde manger et de cuisine et une table basse entourée de tapis. Rien de plus si ce n’ est la télévision. Le pain est délicieux, les prunes confites un régal, le beurre savoureux, le summum étant sans doute le yaourt au lait de jument. Nous repartons avec le ventre bien rempli, mais aussi avec une bouteille de yaourt qu elle nous offre avant de partir. Merci et encore merci pour ce superbe gouter. Encore une fois, nous ne savons que faire devant une telle générosité.

Ce soir nous partagons notre saucisse de cheval avec un cavalier qui est venu nous rendre visite à notre tente. Puis nous filons dans nos duvets. Encore une journée bien remplie, 100kms de VTT et des rencontres inoubliables.

07/07/09 - 10 km avant le col Karakol Ashuu - On renonce…

Aujourd hui c’ est notre dernier pari audacieux de Kirgizie. Un col à 3850 mêtres que nous avons repéré sur une vielle carte. Cette piste est absente sur nos cartes…Mais les locaux semblent connaitre.

Nous nous engageons dans cette vallée étroite. Le premier kilomètre de piste est bon. Puis, la moitié de la route s’ est écroulée dans le torrent. Les voitures ne passent plus. Nous poursuivons lentement, nous devons pousser les vélos pour passer quelques pierriers et des nevés. Cela se gâte, impossible maintenant de rouler. Pousser les vélos est un veritable effort violent ou le coeur monte très vite. Apres deux heures de poussette, nous apercevons le haut du col. La piste est intégralement détruite par des éboulis. Pour accéder au col, il faut faire encore 500 mètres de dénivelé directement dans le pierrier.

Nous optons pour la solution raisonnable. Nous montons à pied pour mieux nous rendre compte de la difficulté. La montée n’ est pas forcément longue mais il faut s’ aider des mains pour ne pas tomber. Impossible d’ imaginer de monter la haut avec les vélos. Même si nous envisageons de monter les sacoches puis ensuite les vélos. Nous renonçons pour la première fois du voyage, nous ne pouvons pas toujours gagner!

Demi tour, nous voila à nouveau sur la route de ce matin. Nous avons une faim énorme. Nous essayons de forcer un peu l’ hospitalité des nomades mais en vain. Nous sommes un peu à court de vivre et décidons de tenter d’ acheter du pain dans une roulotte de nomade. Finalement, nous sommes acceuillis par la famille pour manger. C’ est bien le premier pays où nous sommes autant les bienvenus chez l’ habitant. Cela se fait toujours avec un naturel incroyable. Comme les autres, la seule chose qu’ ils nous demandent c’ est de leur envoyer les photos.

Nous espérons vraiment que les courriers que nous enverrons de Biskek leur parviendront à toutes ces familles.

08/07/09 - 10 kms avant la route principale Osh/Biskek -  Surprise…

Nous sommes à 265 kms de Biskek. Nous ne pensions pas prendre cette route un peu plus longue que prévue. Il ne nous reste presque plus de vivres. Un paquet de pâtes, des gâteaux de l’ armée chinoise et quelques fromages très secs. Tout juste de quoi manger ce midi. Notre objectif est de rejoindre la ville la plus proche le plus rapidement possible. Nous avons plus de 100 kms de piste à faire.

Cela commence très mal, la fin du col est enneigée. Nous devons à deux porter les vélos pour passer les portions de neige. C’ est notre dernier haut col à plus de 3000 et c’ est la première fois que nous devons porter les vélos à deux. Sans doute un symbole pour nous rappeler que l’ un sans l’ autre cette aventure aurait été plus dificile voire infranchissable.

Nous avons perdu un temps precieux. De l’ autre coté du col, la piste est mauvaise et la route descend à peine. Nous avons faim, il n’ y a pas un seul habitant. Nous mangeons toutes nos dernières vivres alors qu’ il nous reste encore plus de 70 kilomètres de piste.

Plus de questions à se poser il faut rouler. La piste continue de faire des “up and down” incessants. Heureusement la deuxième partie est plus roulante. Nous arrivons vers 19h30 dans le village. Nous dévalisons la première épicerie complètement affamés. Nous l ‘avons échappé belle…

09/07/09 - Biskek - Fini l’ Asie Centrale

1000 métres de denivelé positif pour atteindre le tunnel qui traverse les hautes montagnes  avant Biskek. Puis c’ est la longue descente sur la capitale a 600 mètres d’ altitude. Nous roulons très vite, la tête dans le guidon et le vent dans le dos pour oublier que ceux sont nos derniers kilomètres en Asie.

Nous voilà déjà à Biskek. Pour ceux qui ne le savent pas encore, c’ est notre dernière ville d’ Asie Centrale. D’ ici, nous avons choisi de prendre l’ avion directement pour la Turquie. Etrangement, c’ est la solution la plus économique. Mais pour être honnêtes le “spirite” anti voyageur nous déplait. Mais c’ est surtout pour éviter tous les problèmes de Visas que nous avons opté pour cette solution. L’ Iran est maintenant fermé aux étrangers depuis deux semaines. Le visa pour l’ Ouzbekistan peut être relativement facilement obtenu mais nous n’ avons pas envie de passer dans ce pays aux paysages sans grand intérêt. Notre seul regret est sans doute la Pamir Highway entre Biskek et Dushanbe au Turkmenistan. Un classique cyclo maintenant, pour une autre fois peut être.

Nous serons donc dans quelques jours en Turquie, presque l ‘Europe. Matt va rejoindre sa “douce” pour trois semaines en amoureux. Thib est rejoint par Doc Isa et son petit frère Max pour faire quelques kilomètres de cyclos quelque part en Turquie… Cela va nous permettre de prendre le temps et de réaliser que l’ Asie Centrale est terminée pour CA RoOULE. Glooups….!