» China Part I

 2 avril au 10 avril

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En Bleu notre itineraire rooule

Après un très rapide détour par Sydney où nous avons passé quelques jours bien sympathiques avec Delphine, Nico et Thom, nous arrivons en Asie. Notre avion faisant  escale à Tokyo, nous en profitons pour découvrir cette ville incroyable pendant quelques jours. Mais c’ est réellement par la ville de Hong Kong que nous rentrons en Chine munis de nos beaux Visas 90 jours fraichement obtenus en Nouvelle Zélande …  

Nous atteignions la ville de Canton (Guangzhou) après 2 h00 de train. Pour l’ instant rien de plus simple et de plus normal, Hong Kong étant l’ une des places principales d’ entrée pour la multitude de touristes souhaitant se rendre en Chine.  Le train ressemble aux trains que nous avons en France et il y a même un service de bagages qui se charge de nos vélos. Nous sommes tranquilles et efficaces.

Nous souhaitons nous rendre à la ville de Yangshuo (environ 500 kilomêtres au Nord Ouest de Canton) le plus rapidement possible. A la sortie du train Thib saute sur le premier guichet qui semble être un point d’ information touristique. Il y a un bus de nuit pour la ville de Yangshuo dans une heure. “C est un bus couchette mais il n’ y a plus de couchette pour vous. Il ne reste que des sièges”, nous dit la petite chinoise avec son mauvais anglais. Ce n’ est pas un problème pour nous, ce ne sera pas la première fois que nous passerons la nuit sur un mauvais siège d’ autobus. ” Bien sûr le taxi pour rejoindre la gare routière est inclus dans les 350 yens” ajoute t’ elle fièrement quand nous lui faisons comprendre que nous trouvons la note un peu salée(soit un équivalent de 35 euros). Thib lui demande même de marquer sur le pseudo ticket que les vélos sont inclus dans le prix. Nous acceptons, elle nous demande d’ attendre le taxi quelques minutes.

Finalement, nous découvrons avec stupeur que le fameux taxi n’ est pas un taxi et encore moins un shuttle, mais semble être plutôt le cousin voir le père de la jeune fille du guichet…Nous n’ avons pas le temps de chercher à comprendre, notre bus part dans vingt minutes et il y a trente minutes de trajet…La pression monte, notre taxi improvise, se faufile tant bien que mal au milieu des vélos, des bus et autre véhicules non identifiés à coup de gros klaxon. Nous arrivons finalement à l’ arrière d ‘un vieil immeuble délabré. Devant une vieille porte de garage notre chauffeur qui ne comprend pas un mot d’ anglais nous fait signe que c’ est ici…Houla, il n’ est pas question qu’ il nous laisse ici au milieu de ce coupe- gorge. On ne comprend rien. Notre charmant chauffeur semble discuter ferme avec celui que nous appelerons ensuite ” le méchant chinois”. Cigarette au bec, il est le stéréotype parfait du Chinois à la coupe de cheveux en brosse qui joue le méchant dans les films d’ action un peu bidons. Nous comprenons que ce n’ est pas possible et qu’ ils ne veulent pas de nos vélos dans leur bus. Nous repartons dans l’ incomprehension la plus complête, avec en plus un sac plus que douteux que le “méchant chinois” a donné à notre pseudo taxi driver. Le chauffeur peut faire ce qu’ il veut de nous au milieu de cette grande ville qui nous est complêtement étrangère…Nous ne sommes franchement pas rassurés. Finalement, nous arrivons dans un parking qui ressemble plus à une vieille casse de voiture qu’ à une gare routière. Là se trouve un petit groupe de personnes qui regarde un vieux papi qui essaye tant bien que mal de mettre des énormes sacs dans une soute de bus déjà très remplie. Après un rapide passage derrière le bus pour donner quelques billets, le chauffeur de “taxi” nous explique que cette fois ci c’ est la bonne. Nous déchargeons nos vélos et nos saccoches de la voiture et le chauffeur repart immédiatement. La nuit est tombée, nous voilà maintenant seuls au milieu de cette ville devant ces chinois qui nous regardent avec leur petits yeux…A nous de jouer maintenant…Il faut bien se sortir de ce piège! Nous aidons le petit vieux à mettre nos vélos dans la soute et grimpons dans le bus esperant avoir une couchette libre malgré tout. Mais le boss au allure de  “chef des méchants chinois” avec sa berline noire nous ordonne de nous placer à l’ avant assis par terre. Une fois de plus nous ne comprenons pas, il y a des places libres mais qui nous sont interdites. Ce n’ est pas grave une fois partis, nous sortirons nos matelas et dormirons allongés au milieu du couloir. Le bus part et s’ arrête au milieu de la route quelques kilometres plus loin. Ici, un énorme groupe de personnes tente de monter dans le bus. Cela ne rentrera jamais. Les gens s’ entassent, se battent pour avoir une couchette et profitent de l’ occasion pour lancer quelques blagues à notre sujet que bien sûr nous ne comprenons pas. Finalement, nous prenons place tant bien que mal. Matt est à moitié allongé et a les pieds qui trainent au niveau du levier de vitesse du conducteur et Thib est en boule entre deux couchettes. Le bus est archi plein mais cela semble être complêtement normal pour tous les Chinois qui sont entassés comme nous. Après de multiples arrêts inutiles et incomprehensibles, il nous semble que cette fois ci c’ est la bonne et commençons à dormir. Mais, c ‘était sans compter sur la Police Traffic qui veille et qui impose au bus de faire demi tour et de se rendre au poste de police. C’ est bien notre chance. Arrivés au poste, un policier monte dans le bus plein à craquer hurle et menace le jeune conducteur avec une violence incroyable. Il ordonne à toutes les personnes qui ne sont pas sur une couchette de descendre du Bus. Nous comptons alors pas loin de trente personnes! Le conducteur et les “organisateurs” sont emmenés par la police. Nous attendons une fois de plus sans rien comprendre. Nous sommes partis depuis maintenant quatre heures et en realité nous sommes encore dans la ville de Canton! Quelques minutes plus tard, un minibus vient chercher les personnes en supplément devant le poste de police et nous dépose dix minutes plus loin…Nos bagages et nos vélos sont encore dans la soute du bus resté chez la police traffic. Nous comprenons que le bus va revenir nous chercher ici loin du poste de police. Ok, restons sereins…Effectivement, le bus arrive quelques minutes plus tard, tout le monde remonte comme si rien ne s’ était passé. Un peu plus loin, nous redescendons, montons dans un nouveau minivan et nous voila à nouveau déposés au milieu de nulle part à attendre le bus. Il y avait un ultime contrôle de police à eviter. Cette fois çi c’ est la bonne, nous reprenons nos places et tentons de dormir. Il commence à faire froid, plus la nuit avance plus nous nous raprochons les uns  les autres pour nous réchauffer, glisser un pied sous la converture de la voisine par là, l’ autre sous le dos du voisin…Nous finissons par arriver, avec seulement une demi heure de retard sur l’ horaire annoncé… Plus tard, Matt dira “j ai un peu terminé la nuit avec ton pied gauche dans la figure” et Thib répondra ” et bien moi j’ ai un peu dormi avec la tête entre les jambes de mon voisin chinois alors te plains pas trop!”. Bref, vous l’ aurez compris ce premier contact avec la population chinoise fut plus qu’ authentique et une véritable expérience pour parcourir uniquement 500 kilomêtres…Nous sommes épuisés et décidons de passer une journée de repos dans la ville ultra touristique de Yangshuo. Demain nous prenons la route.

Nous débutons donc le 2 avril nos premiers kilomêtres en Chine. C’ est un classique touristique de parcourirà vélo les pistes qui se faufilent au milieu des pains de sucre. Ils seraient dus aux multiples séismes et aux phénomènes d’ érosion importants spécifiques à cette region. Le paysage ressemble à l’ image que nous avons de la Baie d’ Halong. C’ est beau mais bien trop touristique pour nous.

Nous remontons plus vers le Nord, traversons la ville de Guilin et rejoignons deux jours de vélo plus tard les cultures en terrasses de Longsheng, autre site d’ intérêt touristique de la région du Guangxi. Nous sommes hébergés dans un immense chalet de bois. La patronne nous conseille de commander un poulet entier et nous fait signe que le “chicken” est “frais” en nous montrant qu elle va l’ égorger dans la cuisine. Un peu retissants , nous optons pour le Oui. Dix minutes plus tard, le cuisinier passe dans la salle à manger tenant un poulet par les pattes. Quelques instants plus tard, notre poulet entier est servi, toutes les pièces trempent dans un soupe. Toutes…En réalité, c’ est exactement toutes les pièces que nous européens nous ne mangeons pas: pattes, coup, tête , bec, jambes…Impossible de mettre la main ou plutôt les baguettes sur les blancs ou même les cuisses…Tant bien que mal nous suçons les os et restons sur notre faim de cyclo. Nous ne sommes pas prêts de manger à nouveau du poulet ici! Mais, une fois n’ est pas coutume la nourriture chinoise est très diversifiée et excellente. Si peu chère, que nous nous permettons de manger tout les jours au resto et cela nous revient presque au même prix que si nous faisions notre propre popotte soit environs 4 euros pour deux par repas en mangeant franchement à notre faim de cyclo…

Le lendemain, nous marchons quelques heures au milieu de ces terrasses ou ils cultivent le riz. Le beau temps n’ est pas au rendez vous ;il faut dire que le mois d avril correspond au début de la mousson dans cette partie sud de la Chine. Mais le paysage est captivant. C est incroyble de voir comment il ont reussi à adapter la montagne à leur culture. Les montagnes sont aménagées à perte de vu sur plusieurs centaines de mêtres d’ altitude. Il semble pleuvoir suffisamment ici pour qu ils n’ aient pas besoin de faire de système d’ irrigation compliqué. Ici tout semble se faire à dos d’ homme ou plutot à “dos de femme” tellement les hommes semblent ne rien faire. C’ est bien les femmes qui gèrent ce petit village et les plus anciennes sont vêtues de leur costume traditionnel ultra coloré et ont toutes une coiffure sophistiquée  avec de long cheveux noirs. Les hommes eux jouent aux dominos, boivent ou regardent les touristes. Ils ont gardé leur casquette Mao et leur veste de travail bleues. Le dépaysement est franchement au rendez vous d’ autant plus que nous sommes complêtement hors période touristique. Et le peu de touristes qu’ il y a sont majoritairement des touristes chinois qui pour nous semblent être des locaux.

Nous poursuivons la route vers la ville de Kaili en passant par les petites routes. Selon les guides touristiques, nous devrions traverser des petits villages de minorités. Mais, ils ne nous fournissent guère plus d’ information à ce sujet et ce mot minorité n a pas trop de sens pour nous et est plutot péjoratif. Mais effectivement, nous traversons une multitudes de petits villages, presque un village tous les trois kilomêtres. 

Dans ces villages, il y a une activité débordante. Les habitants semblent vivre en dehors de leur maison.  Sur les bords de la route les habitants fond la lessive, se lavent et nettoient leurs linges dans ce qui fait office de caniveau, ils font la cuisine et découpe la viande à même le sol. Ils bricolent, lavent leurs motos, coupent du bois, vendent tout et n’ importe quoi et bien souvent c’ est perimé depuis plusieurs mois…Mais ils se moquent de la nature et de l’ environnement, les villages sont donc extrèmement sales. Malgré tout, les maisons toutes faites de bois sont souvent belles et les villages ne manquent pas de charme. Chose étrange, tous les villages semblent etre en reconstruction ou du moins en agrandissement.

Quand il n y pas d’ habitation, l’ espace est utilisé pour les cultures. En terrasse ou non mais toujours en petites parcelles pour la culture du riz, du thé, de patates, des ognions, de haricots et autres légumes… Il y a donc aussi sur les routes et en dehors des villages une activité débordante avec du monde partout.

Quand nous croisons des villes de moyenne taille comme Sanjiang, Chongjiang ou encore Rongjiang, l’ activité est encore plus intense et il y a encore plus de monde. Elles sont moins sales et surtout plus riches et ressemblent aux villes de pays developpés. Les chinois aiment consommer, il y a donc dans ces villes des milliards de petits restaurants, plein de petits magasins de vêtements “fashion chinoise”, une multitude de magasins de téléphones portables, quelques belles voitures voire très belles voitures …Il y a un véritable contraste entre les villes développées et les villages qui semblent restés un siècle en arrière ou le seul outil de travail des habitants semble être encore la pioche.

Sur les routes, les chinois ne font pas les choses à moitié. Le gouvernement ou “le parti” comme nous l’ appelons met en place  d’ immenses infrastructures. Ils construisent d’ immenses ponts et de grandes “express highways” à coup d ‘explosifs. Ce qui detruit le paysage déjà bien endommagé par les problèmes de pollution, de déforestation et de surpopulation. Le tout se fait à un rythme incroyable car la main d’ oeuvre est pas chère et les hommes travaillent sur les routes jours et nuit. Le samedi et encore moins le dimanche ne semblent pas faire partie du vocabulaire chinois. Mais il nous est très facile de nous déplacer à velo, car c’ est aussi le moyen de transport le plus utilisé par les habitants. Le deux roues voir le trois roues est present sous toutes ses formes et est utilisé pour transporter toute la famille, toutes les récoltes et autres gros chargements.

Après 700 kilomêtres dans ces conditions, nous sommes lassés de cet immense village, de cet immense chantier, de cette activite incessante du matin jusqu’ au soir et du soir jusqu’ au matin… Et cela semble se poursuivre sur des milliers de kilometres.

Demain, nous prenons le train entre Kaili et Daili pour rejoindre la region du Yunnan. Nous espérons que les paysages seront plus beaux, qu’ il y aura moins de monde et moins d activité. Mais ces premiers kilomêtres en Chine nous ont surpris. Le cyclo ici est très différent de ce que nous avons pu faire jusqu ‘à maintenant. Pour l’ instant nous sommes juste spectateurs et malheureusement nous ne comprenons pas tout le temps le fonctionnement et l’ influence du “parti” sur les chinois. Tout est nouveau pour nous et la barrière de la langue est pesante et nous empêche pour l’ instant de nous imprégner  pleinement de leur culture, de leurs religions, leur éducation et de leurs comportements. Mais ce qui est sûr c’ est que la Chine est en pleine explosion et que c’ est un pays qui croit à toute vitesse et dans tous les sens. Nous nous demandons comment cela peut s’ arrêter ou même ralentir. Mais déjà la nature porte des traces quasi indélébiles de pollution et de surexploitation.Malheureusement, cela ne fait que commencer mais parait il le gouvernement est consient de ces problèmes de pollution et de surpopulation et tente de sensibiliser la population parfois avec des méthodes un peu radicales. A nous d’ approfondir notre découverte du pays…