» Sud du Chili et Argentine

Nous arrivons en bateau à la ville de Chaiten. C’ est la première ville de la “Careterra Australe”. Nous avions pourtant été prevenus par les habitants de Puerto Montt, cette ville a été désertée de tous ses habitants. Mais quel choc! La ville est littéralement abandonnée, le volcan a recouvert toute la ville de cendre et de poussiere. Nous avons une sensation de fin du monde: voitures abandonnées, maisons totalement fermées… Il n y a plus d’ eau plus d’ electricité. Seule une dizaine de personnes semblent vivre ici et se sont regroupees près de la seule tienda qui subsiste. Mais que font ils? Sans doute est ce l’ habitude? Nous quittons donc le plus rapidement possible cette ville déprimante.

Le long de la route, tout semble aussi totalement abandonné et les cendres persistent.

Ce n est que lendemain que nous attaquons réellement notre périple. La route est plate et la piste est bonne, nous avançons sans trop d’ effort. Ce sont des paysages absolument nouveau pour nous. Les montagnes montent abruptes de part et d’ autre de la route. Les forêts sont denses et d’ une grande diversité. Il y a des sapins, des bambous gigantesques et des plantes non identifiées aux feuilles immenses. C’ est aussi la saison des fleurs et nous sommes entourés de fleurs rouges, jaunes et violettes. Il y a même une sorte de lavande locale. Mais le plus surprenant dans ce paysage magnifique c’ est la quantité de torrents et de cascades qui dévalent les montagnes. Nous nous amusons à compter le nombre de cascades par montagne, huit est le record…Tout le long de notre chemin l’ eau est en abondance et continuellement nous pouvons l ‘entendre couler sous les feuillages juste a côté de nous. L’ eau est toujours belle et il nous suffit d’ y plonger notre gourde pour nous désalterer.

Le premier village que nous rencontrons est simple et tranquille. les gens semblent vivre ici en toute sérénité. Nous sommes surpris de voir que les tiendas sont pleines. Nous allons pouvoir nous régaler. Ce soir barbecue avec moutarde de Dijon, nous avons même acheté du beurre!

Cette route et les conditions ici sont idéales pour le voyages à vélo. Il fait bon, la nuit tombe très tard et les pistes sont bonnes. Nos journées s’ enchainent à un rythme tranquille et certaines ne commencent qu’ à 12h00. Mais nous sommes maintenant très au sud du continent et la nuit tombe très tard. Tous les soirs nous bivouaquons auprès d’ un feu de bois avec barbecue et bon vin. Cyclo, bonne “bouf” et bon bivouac font donc notre quotidien.

Apres quelques centaines de kilomêtres, la route est encore plus fascinante. Aux fleuves, aux torrents et aux cascades viennent s’ ajouter des lacs, des glaciers, la neige et même l ‘ocean pacifique. Il nous arrive même de confondre l océan et les lacs tellement celui ci est calme dans ces immenses bras de mer.

Durant cette descente tranquille vers le sud, nous rencontrons seuleument une journée de “galère”. Nous avons du faire 80 kilomêtres de vélo sont une pluie battante pour rejoindre le plus rapidement possible la ville de Coihaque.

Apres sept jours de vélo, c ‘est déja la fin de cette route Australe, nous passons la frontière Chili/Argentine à Chile Chico. Cette route continue plus vers le sud vers Villa O higgins mais nous décidons de ne pas poursuivre dans cette direction. La cordillière des Andes se termine pour nous…

Nous voila donc maintenant en Argentine. C est le dernier pays de notre voyage en Amérique du Sud. Nous choisissons de passer par la mythique route 40 entre la ville de Perito Moreno et El Calafate.

Nous découvrons la Patagonie et la pampa. Le paysage est plat et seulement recouvert d’ herbes longues et seches. Les pistes sont de longues lignes droites de plusieurs dizaines de kilometres. Bien souvent il nous est impossible de voire la fin de la ligne droite… De Perito Moreno à la petite ville de Tres Lagos, il n y a rien. Rien sur plus de 600 kilometres. Les points d’ eau sont très rares’, et comme nous l’ étions en Bolivie, il nous faut être très économe.

Mais dans la Pampa, c est surtout le violent vent  d’ ouest qui nous rend fou. Impossible de le comprendre, il est capable de se lever en quelques minutes et sans raison particuliere. Il est épuisant. Sur certaines portions nous sommes obligés de faire des relais pour nous protéger l’ un l’ autre du vent. Notre moyenne est alors bloquée à 10 km/h et nous avons l’ impression des faire des efforts surhumains. Moralement très dur surtout quand la ligne droite fait 50 kilomêtres face au vent. Arrrrrrrr! Mais bien sur nous avons des portions ou ce mesquin de vent nous pousse dans le dos. Comment vous dire, nous avons alors l’ impression d’ avoir un moteur sur notre vélo. Nos plus belles pointes de vitesses avoisinent alors les 55km/h sur le plat et sans forcer!!!

Mais comment vous parler de notre traversée de la pampa sans vous parler de nos longues soirées de lecture… Oui oui vous avez bien lu: lecture. Chaque soir après le diner, comme un vieux couple, chacun prend son Kessel. Mat se plonge alors dans les belles aventures des “Cavaliers” et Thib dans “Les tours du malheur”.  Alors seules nos exclamations viennent troubler le calme incroyable qui règne au milieu de ces immensités. Nous lisons jusqu ‘au coucher du soleil toujours incroyablement beau.

Nous nous rapprochons de notre objectif final, la ville de El Calafate.  C ’ est dur. Certaines rafales nous stoppent integralement. D’ autres un peu de côté, nous poussent sur deux à trois mêtres sur le bas coté. Apres 3h30 d efforts nous atteignons la ville. Nous la méritons.

Nous nous installons dans le camping le moins cher. Il y a des barbecues partout. Les asados c’ est vraiment une partie de la culture Argentine. La viande rouge est belle et tellement peu chère. Nous retrouvons une française que nous avions rencontres il y 3 semaines à San Pedro. Avec elle, il y a aussi Guillaume et JC deux autres français qui vont débuter leur premier voyage cyclo… Vous pourrez sans doute avoir de leurs nouvelles sur notre “chat”, nous leur souhaitons bien du courage à eux deux. C’ est trois jours de repos que nous passerons ici avec barbecue tous les soir.

Entre temps nous prenons une après midi pour voir le glacier. Il fait 14 kilometres de long, 5 de large, 55 metres de haut hors de l’ eau et 180 metres dans l’ eau. Mais surtout c est l ‘un des rares glaciers du monde qui avance encore. Il y a donc dé enormes blocs qui craquent et tombent dans l eau. Ce glacier vit vraiment. Bien que ce soit un spot à touristes comme nous les aimons de moins en moins, le Perito Moreno nous a ebloui, incroyablement majestueux.

Mais, El calafate….C est la ville où pour la première fois depuis le début de notre voyage, nos deux chemins se séparent. Mat remonte tranquillement vers la capitale Buenos Aires pour y retrouver ses parents. Thib poursuit à vélo pour rejoindre Ushuaia. Nous avons tous les deux un peu les “boules” pour ce dernier jour ici. Nous sommes le 9 décembre, notre voyage ensemble à vélo en Amérique du Sud se termine à El Calafate. Voila un peu moins de cinq mois que nous sommes partis et nous avons parcouru près de 8000 kilomêtres. Et que de beaux souvenirs déjà…Il nous faudra fêter cela à Buenos Aires quand nous nous retrouverons dans 15 jours.