1 octobre - 25 octobre
Avant de vous parler de nos nouvelles aventures au Pérou et juste pour vous mettre au parfum si cela vous intéresse… Nous avons légèrement changé le principe de notre voyage. Nous avons choisi de privilégier les routes et les endroits authentiques, beaux ou sportifs… Toutes les routes dangereuses ou qui ne valent pas la peine de se faire exploser les poumons, nous les passerons en version accéléree en bus ou en stop. Cela nous permet de gagner du temps sur notre planning de “charg d affaire”. Grâce à ça nous pourrons peut être faire quelques kilometres mythiques en Patagonie… Affaire à suivre donc mais nous voulions informer nos lecteurs assidus de ce “nouvel” état d’ esprit.
Aie!! ça fait mal… Nous pouvons affirmer que c’ est au Pérou que nous avons été piqués par le virus du cyclotourisme. Nous en sommes maintenant convaincus, ce mode de voyage nous semble aujourd hui la meilleure manière pour voyager et découvrir un pays. Mais chacun sait qu une piqure ça fait toujours un peu mal voir très mal. Et dieu sait que nous avons eu très mal ici au Pérou…
La première grande étape de notre voyage dans ce pays merveilleux est la traversée de toute la Cordillera Blanca. C est la chaîne la plus haute du monde apres celle de l ‘Himalaya … Nous partons de la ville de Chimbote le long de la côte Pacifique. Cette ville est horrible. Elle est plongée dans la brume épaisse toute la journée et il y règne une odeur nauséabonde de poisson pourri et de GPL.(La plus grande partie des voitures roulent au GPL. Au Perou, ils ont de grandes richesses naturelles au Nord et en Amazonie. Après un rapide petit déjeuner au marché à déguster de delicieux Alfajoles (Pâte sablée avec du Dulce Lece), nous prenons rapidement la route. Les quatre vingt premiers kilomêtres sont plats et le vent d Ouest nous pousse dans le dos. Nous découvrons un paysage absolument nouveau pour nous, un désert de sable et de pierre. Ici rien ne semble pouvoir pousser sauf autour du fleuve. Le contraste entre les dunes de sable et le vert des cultures est saisissant. Les montagnes désertiques qui montent abruptement de chaque côté de la route sont pour nous un “appel au freeride” et nous rappellent les couloirs que l ‘on peut dévaler àski…Nous arrivons donc sans efforts à la petite ville de Chuquicara . Plus qu’ une petite ville c est un groupement de quelques échoppes de paille. Nous nous arrêtons devant l’ une d entre elles pour y acheter quelques fruits et légumes. Le vendeur est devant sa télévision et regarde un match de la Champions League: Lyon vs Bayern! Coincidence incroyable qui nous plonge un peu dans la mélancolie pendant quelques secondes… Mais ca ne dure pas, nous revenons vite a la réalité quand le vendeur nous annonce que les soixant dix prochains kilomêtres sont de la piste qui monte… Jusque la, nous avons uniquement voyagé sur des routes asphalto comme ils disent ici. C est donc la peur au ventre que nous nous endormons dans une chambre que l’ on nous a prêtée pour la nuit. Nous nous levons tôt le matin pour nous attaquer a ces kilomêtres qui s’ annoncent très difficiles. La piste est mauvaise et nos roues arrières dérappent fréquemment sur les grosses pierres rondes. Heureusement la pente n ‘est pas raide… En chemin, nous rencontrons deux cyclotouristes Marta et Julien. C est un couple Franco -Espagnol fort sympathique d une trentaine d années. Nous passons deux jours complets avec eux. Au fur et à mesure que la piste monte, le paysage est de plus en plus vert et l eau y est de plus en plus abondante. Le lendemain matin, nous remontons le canyon Del Pato. Il nous semble tellement étroit par endroit que nous avons la sensation que nous pouvons toucher la paroi opposée. Durant cette journée nous traverssons pas moins de trente tunnels creusés dans la roche. Lorsqu il n y a pas de tunnels la route est vertigineuse… Nous continuons notre lente ascension sur cette route qui nous mène droit vers la Cordillière. Déjà nous apercevons les premiers glaciers. Puis tout au long de la route qui nous monte jusqu a 4049 mêtres d altitude, nous pouvons admirer sur notre gauche l ‘enchainement de glaciers et de sommets enneigés. Le plus haut sommet culmine a 6768 mêtres: la montagne Huascaran. C ‘est epoustouflant comment la nature est capable de créer de si belles choses! Nous nous arrêtons toutes les dix minutes pour contempler ce fabuleux panorama. A chaque virage ou petit passage de côte nous découvrons une nouvelle montagne… Thib et il n’ a pas honte de le dire a même eu quelques larmes aux yeux tellement le paysage etait pur et magique. Sur seulement trois cents kilomêtres de vélo, de Chimbote a Barranca en passant par Huaraz, nous sommes passés du désert à la haute montagne en traversant les gorges étroites du Rio Santa. Durant les 4000 mêtres de descente, les belles images s enchaînent dans nos têtes et déjà nous souhaitons revenir ici sur ce spot de VTT, trekking, escalade… La Cordillera Blanca on y reviendra c’ est sur!
Nous arrivons à Lima par le Bus. Le chauffeur nous lâche au milieu de cette immense ville vers dix heures du soir. La capitale est en ébullition. Nous parcourons pas moins de vingt kilomêtres pour rejoindre l’ hôtel, soit pas loin de quatre vingt quadras. Dans cette mégalopole, il n y a pas grand chose à faire pour les touristes que nous sommes. Mais, c est tout de même tres instructif de s’ y promener pour nous les petits européens: surpopulation, suractivités et bien sur pollution extrème…Nous n’ avons pas trop aimé Lima contrairement à un voyageur que nous rencontrons dans notre auberge. Il nous explique qu il se sent bien ici car il est comme à la maison. Ses amis jouent a la Playstation et fument des joints! Etonnant de voyager si loin de chez soi pour finalement rechercher la même chose. A méditer ?
Mais Lima, c est la ville que Thom a choisi pour nous rejoindre. Son objectif est de parcourir a vélo les kilomêtres qui nous mènent jusqu à La Paz. Quel courage car c’ est le premier qui ose venir ajouter sa pierre au projet Ca RoOULE.
Nous prennons la direction de Cusco. Ville mondialement connue car c’ est le passage oblig pour le Machu Picchu. Mais attention, ce n’ est pas moins de huit cents kilomêtres de vélo qui nous attendent entre Pisco et Cusco. Apres deux jours d’ ascension et 4300 mêtres plus haut, nous décidons de planter la tente au beau milieu de ce haut plateau. La nuit est étonnante aà4300 mêtres. Nous nous réveillons au milieu de la nuit, tres effrayés, avec le coeur qui bat la chamade! Ce n’ est vraiment pas rassurant surtout quand nous sommes perdus au milieu de la cordillière du Pérou. Le restant des kilomêtres jusqu à la ville de Ayacucho sont plus tranquilles malgré un beau passage a 4749 metre d’ altitude. Bravo à Thom qui pour le troisieme jour de vélo de sa vie arrive àun col de cette altitude… Avec une petite aide surnaturelle mais on ne dira rien a personne! La route continue maintenant vers Cusco mais c est une autre paire de manche… 400 kilomêtres de piste en pleine montagne pour rejoindre la ville de Abancay. Dès les premiers kilomêtres nous sommes captivés par l ‘ambiance qui règne le long de cette piste perdue au milieu du Pérou entre 2500 mêtres et 4100 mêtres d’ altitude. La route est bordée de cactus géants allant jusqu à douze mêtres de haut. Nous croisons une multitude de petits Pueblos où dès notre arrivée les enfants se ruent vers nous. On ne sait plus où donner de la tête quand ils nous questionnent tous en même temps! Mais se sont de très bonnes aides pour trouver un logement pour la nuit: collegio, escuela, municipalidad… Ces quatre jours et demi de vélo et de défi physique laisseront des traces inoubliables dans la tête de chacun. Cette route est d’ une authenticité déconcertante. Les enfants vêtus de leur uniforme vont à l’ école a pied, mais bien souvent le maitre n’ est pas la sans raison particulière. Alors les petits rentrent chez eux pour aller aider les parents aux champs. Les ado eux élèvent des coqs de combat pour pouvoir faire des paris. Les plus agés cultivent le maiis en labourant les champs avec des charrues tractées par des boeufs. Un seul bus par jour traverse les differents villages à une heure plus ou moins fixe, quand il ne crève pas ou quand il ne finit pas dans un ravin. C est un type de vie complètement irréaliste pour nous, mais ces gens sont d’ une grande générosité’ et d une grande curiosité. Un soir alors que Thom et Mat se sont avancés en bus, Thib a choisi de dormir dans un collège. Il y a des adultes qui prennent des cours du soir pour apprendre a écrire. A voir leur motivation et leur envie de progresser, on se rend compte de la chance que nous avons de recevoir un ducation bien complête. Mais ce soir la , le cours ne durera pas longtemps, ils préfèrent accompagner Thib pendant son repas.
Apres ces kilomêtres de dur labeur, nous nous retrouvons tous à Cusco. C’ est une ville où le touriste est roi. Mais elle reste intéressante à visiter. La plaza de Las Armas avec sa Cathédrale, ses trois églises, et ses petits balcons en bois est particulièrement agréable pour se reposer. Nous logeons chez la grand mère d un ancien élève de la Moumoun Griffon. Merci à elle, c ‘est toujours plus simple de découvrir une ville avec les locaux.
Mais Cusco rime avec Machu Picchu… Nous évitons au maximum les attrapes touristes. Mais nous déboursons malgré tout cent euros pour le train obligatoire et 40 euros pour l’ entrée. Mais soyons honnêtes bien que bondé de touristes le site est unique et vaut le déplacement. L’ integration dans la montagne de l’ ensemble de cette ville incas est impressionnante. Nous sommes tres surpris par les connaissances et le savoir faire des Incas: irrigation, connaissance des astres et du soleil, habitations anti sismique…
Nous enchaînons très rapidement sur la dernière partie de notre voyage au Pérou: Puno vers la frontière de la Bolivie puis La Paz. Nous longeons l ‘ensemble du Lac Titicaca par le sud puis rejoignons la petite ville de Copacabana en Bolivie. Les kilomêtres sont faciles bien que nous soyons a 3800 mêtres d altitude. Le lac, bien souvent nous l ‘appellons la mer sans le vouloir, est impressionnant de par son immensité. Il nous est impossible de voir l’ autre rive. La cordillière Real surplombe l ‘ensemble avec la montagne Ancohuma à6427 mêtres. Pour nous trois c’ est un mythe de plus que nous découvrons ici, et cela nous fait d’ autant plus apprecier la baignade dans ce lac pas si froid que ca! Avant d ‘attaquer le dernier jour de vélo vers La Paz, nous installons notre campement deux cents mêtres au dessus du Lac au milieu d’ une sorte de col. La nuit est bonne mais le reveil a 5H00 du matin est surprenant, en realiténous nous sommes installés sur la place du marché au animaux. Nous sortons de la tente est sommes entourés d’ une quarantaine de personnes, d’ une trentaine de vâches, d’ une quinzaine de Lama… Les locaux semblent encore plus surpris que nous. Apres avoir pris une petite barque en bois qui nous permet de rejoindre les deux presqu’ iles du lac, il nous reste 120 kilomêtres pour arriver àa La Paz. Surprise, nous sommes sur le fameux Altiplano qui porte réellement bien son nom, car c est un immense plateau extrèmement plat entouré de hautes montagnes enneigées. Surprenant encore une fois ce pays.
Apres un mois de voyage notre traversée du Perou est aujourd hui achevée. Ce qui nous a surpris et charmé le plus ici c’ est la diversité, la beauté et la pureté de la nature. Bien que les kilomêtres à vélo ont été très difficiles et fatiguants, nous avons profité des moindres instants de vélo pour contempler, admirer et se souvenir à jamais de ces paysages hors du commun. Merci au Pérou et sans aucun doute à plus tard.