16 septembre - 30 septembre
L Equateur pour nous rime aujourd hui avec: altitude, froid, difficulté…mais beau. Altitude car nous avons cheminé sur des routes à plus de 3400 m d’ altitude. C est notre record mais il risque de changer dans les prochains pays… Froid, car nous avons plusieurs fois dormi à plus de 3000 m d ‘altitude sous la tente alors qu’ ici c’ est tout juste la sortie de l’ hiver…Difficulté, car les routes sont totalement imprevisibles, raides, et bien souvent il s’agit de pistes ou de routes en travaux. Beau, car nous avons de loin parcouru les plus belles routes de notre voyage jusqu’ à maintenant, mais aussi fait les plus belles rencontres.
Ce pays a été riche en nouveautés et évènements, nous tâcherons cependant d’ être brefs dans notre récit.
Nous passons deux jours à Quito, cette ville nous plait bien et plus que dans toutes les autres villes que nous avons traversées, nous nous sentons bien ici. C ‘est une ville dynamique. Ce sentiment a sûrement du être accentué par le fait que nous sommes arrivés en pleine période de vote de la nouvelle constitution et donc de manifestations intenses…
Le 18 septembre vers 14 heures, nous quittons la Casa Cyclistas dans laquelle nous avons été hébergés pendant deux jours. (Pour les non avertis, c’ est une maison où les locaux, souvent des cyclistes, hébergent les cyclos qui sont de passage, pour pas cher, on y parle essentiellement de vélo et de voyage…). Nous regrettons notre départ si rapide de la capitale, mais notre envie de grands espaces et de nature a pris le dessus. D autant plus que celaa fait une semaine que nous n ‘avons pas roulé!
Pour sortir de cette immense ville en fond de vallée, il nous faut pédaler pendant plus de 30 kms. La pollution nous gène terriblement. A 2700 m d’ altitude, au moindre passage des bus, nous sommes en asphyxie complète… Nous nous dirigeons maintenant vers la vallée des sept volcans, qui a été baptisée ainsi car elle est bordée de volcans entre 4300 et 6310 m d’ altitude. Le soir, alors que nous nous apprètons à dormir dans une maison en construction, un local vient discuter avec nous. Il nous explique qu’ il est guide et qu’ il peut nous accompagner pour une ascension du volcan Cotopaxi (5897 m). Le prix nous semble un peu élevé et nous préfèrons nous acclimater à ces hautes altitudes afin de profiter pleinement d ‘un de ces sommets…
Le lendemain matin, le reveil est difficile tellement le froid est vif, mais le ciel est totalement dégagé et nous pouvons apercevoir le premier sommet enneigé de notre voyage. L’ émotion est intense!
Nous prenons la direction de Banos. Nous sommes motivés pour prendre un bain dans les eaux chaudes naturelles. L expérience est intéressante, nous nous rendons dans ces bains tôt le matin pour avoir une ambiance plus “locale”. Paris reussi, nous sommes les seuls touristes au milieu des locaux qui prennent des cours de natation ou de yoga. Nous nous contentons d ‘alterner nos baignade dans l’ eau gelée, l eau tiède puis l ‘eau tres chaude. Il parait que ce type de baignade est particulierement appropriée pour la récuperation… Ca tombe bien!
En remontant de Banos, nous rencontrons Maribela. C est une mère de famille de deux enfants. Elle est partie travailler cinq ans en Italie pour gagner de l ‘argent. Elle a pu ainsi construire la maison familliale ici au pays dans la péripherie d’ Ambato. Pour la petite histoire, elle est venue vers nous car elle pensait que Thib était italien. Sous la pression familiale, nous choisissons de passer une journée complête chez eux, et puis nous sommes si bien ici, pourquoi nous en priver! Nous commencons la journee par le match de foot de l’ ainé Denis. Puis durant tout le dimanche, Maribela nous prépare de délicieux plats locaux alors qu Alex, son mari, nous invite à manger davantage, boire du vin local, regarder des DVD (Rambo!), jouer au foot… Nous partons de la maison juste après le départ pour l’ école des enfants vêtus de leurs beaux uniformes.
Nous n’ avions pas prévu une si longue ascension et arrivons tout juste avant la nuit sur un haut plateau près du village de Santiago de Quito au dessus de la ville de Riobamba. Nous plantons la tente pour la première fois de notre voyage et tout juste après deux mois d’ aventure. Bien que nous nous soyons mis à l’ abris du vent derrière une maison abandonnèe, il fait encore plus froid que la nuit précèdente. Mais l ambiance est bonne sur un petit fond de musique d un des Nova Tunes…Deux heures après notre arrivée, nous sommes surpris de voir des lampes qui se dirigent rapidement vers nous. Des faisceaux lumineux arrivent maintenant de chaque côté de la vieille maison. Ils nous encercle se dit on. Les premiers que nous apercevons arrivent par la gauche et l’ on peut distinguer dans l’ obscurité que trois d’ entre eux portent des pistolets à la main. De l ‘autre côté, une petite dizaine de personnes arrivent maintenant et certains semblent armés de matraques et de bouts de bois en guise d’ armes. Nous retenons notre respiration, éteignons la musique et les frontales… Pas rassurés, nous crions “Hola, Hola!” pour engager la conversation… Mais en vain. Les deux groupes se trouvent maintenant ànotre niveau face à nous. Ceux sont les anciens du village accompagnés de la police. Ils ont eu peur lorsqu ils ont vu nos lumières et nous ont pris pour des voleurs. C’ est incroyable de voir tous ces vieux qui viennent nous “recevoir” armés de leurs armes blanches locales… Tout le monde est maintenant rassuré, les locaux nous proposent de l’ aide si nous avons un probleme quelconque et s’ en retournent dans leurs maisons. Quelques minutes plus tard, les femmes et les filles viennent nous voir alors que nous sommes en pleine préparation de notre dîner. Elles sont mortes de rire en nous voyant faire la cuisine avec notre petit réchaud. Au réveil, nous prenons notre café du Guatemala juste au pied du plus haut volcan d ‘Equateur (Chimborazo 6310metres). Majestueux!
Nous poursuivons notre route sur un haut plateau à 3200 m d ‘altitude. Il est quasi désertique, cela nous surprend beaucoup après les forêts tropicales de l Amérique Centrale. Quelques kms plus loin, la route devient plus montagneuse et nous rappelle un peu les Alpes de chez nous mais en plus haut et plus difficile Nous enchaînons maintenant les montées interminables sur des routes ou des chemins de 4*4. Le plat ne semble pas exister ici, et nous optons pour un nouveau mode de motivation “quand tu n ‘es pas sûr que la côte se termine ici, c est que derriere ca continue à monter”. Mais que c est beau que c est beau. Ces efforts sont le prix à payer pour voir de si belles choses et les apprécier pleinement. Ce soir, a Alausi a 2100 metres d’ altitude et du haut de la terrasse de la station essence que nous avons choisi pour dormir, nous pouvons voir le soleil qui se couche sur la plaine de l ‘océan pacifique. Nous sommes extenués mais heureux.
De Alausi a Loja en passant par Azogues et Cuenca, nous parcourons des grandes routes de montagne voir même de très haute montagne. Chaque jour, nous montons plus de 2000 metres de denivelés positifs. Nos efforts sont tellement violents que nous mangeons en 24 heures: 1 kilo de riz, 500 grammes de sucre, 4 paquets de gateaux, 400 grammes d’ avoine sans que cela soit suffisant! Nous arrivons enfin dans la ville de Loja, et prévoyons de prendre le bus de 23 h ce soir pour rejoindre notre premiere ville du Pérou.
L Equateur est notre premier pays traversé eé Amerique du sud, mais il nous semble que notre voyage a pris une autre dimension: plus de sport, , plus d’ aventure, plus de depaysement, plus de magnifiques paysages