2 Septembre - 15 Septembre
Nous entrons au Panama par la frontière de Sixaola pour nous diriger directement vers les iles de Bocas Del Toros. C’ est un ensemble d’ iles de l ‘Atlantique où les plages sont plus paradisiaques les unes que les autres. Pour vous mettre dans l’ ambiance, l’ eau y est tellement chaude que l’ on peut y rester la journée entière… C’ est en canoé et à vélo que nous découvrons les coins les plus reculés de cet archipel. Tout semble paradisiaque : immenses plages de sable blanc bordées de cocotiers et pas une seule présence humaine. Vous n’ imaginez pas ce que l on ressent au petit matin quand on se reveille sur l’ une de ces plages en même temps que le soleil. Les rêves de nos nuits semblent se prolonger dans la journée. Mais pour combien d’ années encore ce petit coin va t ‘il survivre… La ville principale Boca, est deja saturée de visiteurs Americains. Les locaux sont des plus désagréables tellement ils semblent avoir une over dose des touristes. Le long des plages, des immenses villas sont en construction et commencent à ravager la côte. Il vont même jusqu’ à prendre le sable des plages pour faire le ciment des nouvelles constructions…Quel dommage, nous sommes heureux d’ avoir découvert ce petit coin de paradis qui dans quelques années ne sera certainement plus le même.
Nous repartons de Boca pour traverser le Panama d ‘ Est en Ouest entre Chiriqui Grande et David. Nous parcourons sans doute nos plus beaux kilomêtres à vélo d Amérique Centrale, il nous faut remonter toute la Sierra qui sépare le Panama en deux. Pendant notre longue ascension nous pouvons admirer toute la baie de Bocas du côté Atlantique alors qu’ à la descente nous pouvons apercevoir le Pacifique… Nous ne pensons pas qu il existe beaucoup de journée de vélo où il est possible de voir deux Océans dans la même journée… Un parcours mythique pour les cyclos. Le soir même nous dormons dans le village indien de Chiriqui. Toutes les maisons ressemblent à des petites cabanes en bois particulièrement bien realisées et les gens y vivent sans electricité ni eau courante. Nous sommes hébergés par un homme d’ une quarantaine d année qui travaille pour la mise en place de la centrale électrique. Il semble très fier de son travail, sans doute parce que cela permettra plus tard de distribuer l’ electricité dans tout son village. Mais, il ne semble pas réaliser que la centrale est en cours de construction juste dans le fond de son jardin, la ou il a l’ habitude de faire paître ses vaches et où tous les enfants du village jouent. Nous ne comprenons pas pourquoi il a été prévu de construire la centrale juste là dans le beau milieu du village. Quel dommage, c est un pueblo entier d’ indiens qui est saccagé par cette nouvelle progression.
Il nous reste alors 430 kilomêtres pour atteindre Panama cuidad, le premier objectif de notre voyage. Pendant les quatre jours de vélo nous sommes impressionnés par la generosité des Panaméens. Un pompiste nous permet de dormir dans une maison vide avec douche et une immense chambre, un autre pêcheur nous offre deux poissons frits à manger alors que nous dormons sous le porche de sa petite tienda. Thib arrivera même dans la même journée à se faire offrir le long de la route: quatre bananes, un paquet de gâteaux une casquette et 5 dollars… Il en est venu à se demander si il avait vraiment un look de sans abris et se demande si il ne va pas raser un peu sa barbe. Mais, d ‘ une manière générale le Panama semble beaucoup plus riche que tous les autres pays d’ amérique centrale, sans doute grâce au tourisme très developpé et au fameux canal de Panama qui subventionne beaucoup de projets.
Arrivés a la Capitale, nous fêtons dignement notre premier objectif. La night life de Panama est très intéressante et ressemble grandement à la vie nocturne de Paris. Les mêmes types de bars, les mêmes voitures de luxe, les mêmes attitudes des noctanbules, les mêmes alcools, les mêmes drogues, les mêmes sons… C est tres curieux de constater cette ressemblance et combien les jeunes gens aisés tendent tous à se ressembler quelle que soit leur origine. Ce n’ est pas vraiment ce type d’ ambiance que nous recherchons lors de notre voyage, mais l’ expérience en valait la peine et nous avons bien profité de ce petit retour à la vie européenne.
Panama est une ville qui explose littéralement, l ‘année dernière l ‘immobilier a eu une croissance de plus de onze pourcents. Le centre des affaires est truffé de gratte- ciel en construction et il est possible d y accéder par la mer en bâteau de luxe. Le gouvernement après avoir abandonné la zone historique coloniale a mis en place une nouvelle politique de réaménagement de ce quartier. Ils ont exclus tous les squatteurs en leur donnant 600 dollars pour aller vivre ailleurs… Aujourd hui, ce quartier est en complête rennovation et déjà de superbes batisses coloniales bordent les rues et les places. C’ est certain dans très peu de temps cette ville sera une zone touristique de haute renommée très prisée et très chère.