28 Aout - 1 Septembre
Un peu blazés de la Panamericaine et de tous ses camions, nous décidons de rentrer au Costa Rica par la petite porte, celle ou il y a le moins de touristes et le moins de traffic.
Nous n’ avons pas encore une grande expérience des voyages et n’ avons traversé que très peu de pays, mais il nous suffit d un petit tour de roue pour nous rendre compte que le Costa Rica est un pays qui se prête particulierement bien au vélo. Ici plus que dans tous les autres pays, les habitants semblent avoir un profond respect pour la nature et tout ce qui l’ entoure. Il n y a plus de déchets sur les bords des routes et l ‘eau des torrents est limpide et nous invite à la baignade. Nous traversons donc le pays sur des routes très agréables et faciles pour le vélo.
Lors d une halte, nous sommes hébergés par une famille aisée qui vit dans une grande maison avec un hectare de terrain. Ils élèvent des vaches, des poules, des poissons et cultivent toute sorte de légumes et de fruits. La patronne de la maison nous offre toute la soirée des fruits locaux à deguster : annanas, mangue, mandarine, orange, citron vert, citron jaune, petite bananes, platanos… un vrai regal pour nous les petits européens très peu habitués à ce genre de goût. Le lendemain matin, elle nous offre également un petit déjeuner local à base de farine de mais et d ‘omelette. On en voudrait tous les matin pour remplacer nos flocons d ‘avoine premier prix. Nous décidons donc d acheter de la farine et de préparer nos propres tortillas… La tentative est infructueuse, trop de temps, trop de fioul consommé et cerise sur le gâteau, la farine se colle partout sur nos vêtements et nos mains. Aujourd hui encore, le kilo de farine traine encore dans une des saccoches de Thib pour rien….
C est sur la côte Caraibe que nous choisissons de passer le plus de temps, nous empruntons la route qui longe la côte sur 130 kilometres de Puerto Limon jusqu a la frontière du Panama. Nous passons deux jours complets dans le petit village de Manzalino. C’ est une nouvelle culture et une nouvelle ambiance qui s offrent à nous. Il y a une très forte influence Jamaicaine et Antillaise. Les beaux blacks parlent en mélangeant anglais, espagnol et créole, c’ est à ni rien comprendre. La route qui mène au village est un cul de sac et nous choisissons de poursuivre à pied pour visiter les plages les plus reculées de la côte. Après deux heures de marche dans la forêt tropicale au milieu des arbres gigantesques et des petits singes nous atteignons une plage déserte. Nous y passerons la journée entière. Quatre touristes viendront troubler notre tranquillité. Ils se sont totalement perdus et viennent nous demander de l’ aide et surtout de l ‘eau. Apres qu ils se soient bien rehydratés, ils posent leurs affaires presque sur nos pieds, se baignent juste devant nous et l ‘un d entre eux hurle comme un fou. C’ est à ne pas en croire nos yeux, la plage est immense et nous ne comprenons pas ce besoin de se coller à nous. Pire, le téléphone portable de l ‘un d’ entre eux se met alors à sonner avec l’ horrible sonnerie des premiers Nokia bien connue de tous… Nous allons perdre patience. Par miracle, un bateau de pêcheurs leur propose de les ramener au village. Notre tranquillité revient alors petit à petit, les chants des multiples oiseaux reprennent peu à peu et le doux clapotis des vagues reprend le dessus .Seuls les cris puissants des petits singes interrompent ce calme paisible. Matthieu peut vaquer tranquillement à l ‘une de ses occupations favorites, ouvrir les noix de coco, alors que Thib reprend sa lecture. Tout ca pour dire que l homme sans même s’ en rendre compte peut être un vrai poison dans tous ces lieux où la nature est encore reine.
Le reste des kilomêtres au Costa Rica sont tranquilles et peu difficiles au milieu des immenses champs de bananier et d’ ananas qui bordent les routes. Le Costa Rica est vraiment un beau pays pour nous.